mercredi, 02 mai 2012

Chronique citation (ou le bruit des glaçons)

« J’ai envie de m’élancer !

-    Mais vers quoi ?

-    Mais vers elle ! Vers cette femme !

-    Mais pour quoi faire ?!

-    Me cacher dans ses bras !

-    Mais bourré comme vous êtes, vous allez vous péter la gueule !

-    C’est pour ça que je ne bouge pas !

….   (Il s’élance : moche gamelle ds les escalier) ....

-     Ahhh !... Vous aviez raison, je suis trop bourré !

-     Faut faire attention, vous êtes très fragile en ce moment.

-     J’ai toujours été fragile ! C’est pour ça que je suis devenu écrivain. Et alcoolique aussi. Je sais plus dans quel ordre...

 

lundi, 05 mars 2012

Incantations bancales/ Incantation vitale

La peur, déclinée dans toutes ses variables, est notre essence motrice.

Et nous habillons nos instincts, c’est à peu près tout.

Me grattant les couilles dans mon caleçon charles ingalls, c’est une certitude qui s’amplifie après un joint d’herbe et qui s’apaisera probablement après quelques verres de rosée.

Dehors, des maisons populaires, cube blanc avec, aux fenêtres, des barreaux bleus ciel, finement ouvragés, des barreaux pour se protéger des vols, des braquages. Il arrive un stade ou la peur devient esthétique et culturel, avec un code couleur. Le pauvre est voleur, faut dire, et il y en a beaucoup ici. L’équation devient simple : full barreaux sur chaque orifice ! 

A ce sujet, il y a peu, 2 mecs ont essayé de rentrer chez moi, histoire de tout pouiller, et plus, si affinité.

Pas la première ni la dernière fois, sauf que j’étais à la maison. Avec un Beauceron, fraichement hérité d’un collègue expatrié (et alcoolique) (je sais pas exactement ce qui fait de nous des collègues, plus l'alcoolisme, j'aime pas les expatriés en général...).

Le Bauceron est un beau chien, au caractère entier, franc et affectueux. Gentleman farmer avec une mâchoire d’ours, en quelque sorte. Le Bauceron veille sur sa famille et possède un instinct de propriété très affirmé. C’est pas mes voleurs qui diront le contraire... Quand j’ai lâché la bête, on a entendu chanter en serbo croate et une douzaine de langues (certaines non répertoriés, y compris par Claude Levy Strauss). De leur passage, ne restait qu’un morceau de jean maculé de sang dans le jardin. Les risques du métier.

Juste que j’ai pas trouvé très faire play les coups de couteaux en représailles, la semaine suivante, par dessus la balustrade du voisin, à la sournoise et à l’abri.

Brad, il a failli y rester, artère touchée. Ambiance sang qui gicle au plafond, la nuit entière!

Avant l’ouverture du vèto (c'est qu'un clébard, pour lui y'a pas d'urgence. Il peut crever, tout le monde s'en tape), avec ma chérie du soleil d'ici toute paniquée on en a chié grave pour le garder, ça baignait dans l’hémoglobine et sentait fort le plasma à la maison. Courageux ce gros machin, il dérouillait sévère et aboyait déjà dans l'au delà.

Il est passé à un fil, c’est le cas de le dire. Mais après un passage par l’atelier couture, il est à nouveau bonne patte bon œil.

Le voleur arabe n’est pas pro. Il a la défaite agressive. Comme disait Abraham : « poignarder un chien, faut vraiment être un enculé » Pas mieux.

En même temps, au couteau, par derrière, c’était signé.

Contrairement à la nature canine, la nature humaine est peu enthousiasmante. Encore que, je connais des gens biens et des chiens qui sont des connards, mais bon, globalement...

Bref, mon quartier populaire n'est pas... très populaire…

Faudrait que je me barre, mais je ne sais toujours pas quelle est ma marge de manœuvre financière.

Au siège de l’empire, ils ont ressorti les coupeurs de tête. A l’USS j’ai mis la moitié de l’effectif au chômage technique. Couverture sociale et 70% du salaire pour rester chez eux, ils ont fait la gueule sévère. Je pouvais pas leur dire que c'était pour leur bien, tant qu’il étaient au chômage technique, au moins ils seraient pas virés. Si vraie soit-elle, j'ai pas trouvé l'argumentation rassurante, j'ai préféré fermer ma gueule…

Perdu de l’aura auprès de l’équipage, aussi, je m'en rends compte. Mes paroles sont usées par tant de promesses non tenues. Au moins un point commun entre ma vie professionnelle et ma vie sentimentale.

Avant, je montais sur le toit dans ma djellaba blanche, et Lawrence d’Arabie attitud, je levais haut mon fusil et tout l’équipage scandait la victoire finale. C’était beau. Six ans plus tard ? L’USS continue tant mal que bien sa course chaotique dans l’espace temps, mais niveau victoire c’est Waterloo, et pas coté anglais. J’en suis réduit à balancer régulièrement des membres par-dessus bord pour nous alléger et continuer d’avancer...

Aujourd’hui, le toit est désert, Lawrence a chié dans sa djellaba blanche et tout le monde s’en fout.

C'est la vie.

Le capitaine meure avec son navire ?

Mon cul, oui. Je m’accroche fort à l’idée de m’éjecter avant le crash, surtout.

Darwin et l'instinct de survie pour sa meute. J’ai une femme et un zoo à faire vivre. 

Je ne me pose pas de questions. Enfin le moins possible. Au vue de mon tempérament, c'est pas plus mal. De toute façon, j’ai pas de réponse. D’ailleurs qui en a ? Krishna murti ? P… Lui, il me déprime fort avec son bon sens austère et froid comme un igloo en décembre! Darwin, suis fan, mais c’est plus une cartographie de qui nous sommes qu’il a pondu, pas vraiment une boussole pour indiquer la direction à prendre. Quant aux autres? Quels autres? Machin et Momo? Même pas j’évoque les prophètes à la con, l’évidence devient chiante quand elle n’est pas partagée.

Abraham, peut être? Camarade de nuits blanches (pas le sioniste mythologique qui ne rie pas aux vannes de Dieudonné et qui veut égorger son fils à la gloire de Dieu, non, je te parle du mec qui a grave du style et que tu peux trouver dans mes liens)? Je l'aime beaucoup. Lui, il s’en branle fort des réponses. Il aime bien la vie, faute de mieux. Le reste ? Quel reste ? Il cultive son jardin dans la paix, il peint sur les murs de sa grotte quand l’envie l’en prend et il respire. C'est tout.

Tant de visages sont un mensonge que les années révèlent. J’aimerai bien échapper à ce sort. Pas envie de finir comme un Thiéfaine anonyme du blog. Le mec qui chante "vive la mort" avec trois gosses et un plan épargne logement. Pas critiquable, juste un peu grotesque.

L’intelligence est une notion tout a fait surestimée. Pour s’en convaincre il n’y a qu’à écouter autrui. Trucs et systèmes recyclés, partout. Les brillants orateurs ? Des singes savants qui ont patiemment appris leur leçon. Je ne mise pas sur l'intéligence, c'est clair, plus sur la sorcellerie! Sorcellerie dont ces mots se dévoilent comme autant d’invocations bancales.

Mais invoquer qui ?

Surement pas Dieu, il n’a pas l’internet.

En même temps, avec 6 milliards de chaines, qui vont du snuff movies bien dégueu au burlesque, pervers comme il est, lui, il risque pas de sortir du pieux…

Franchement, je sais pas qui j’invoque.

Toi, peut être

Et qui d'autre ?...

 

mercredi, 15 février 2012

La nuit ou j'ai touché la chatte de ma cousine handicapée mentale

Roulez jeunesse, roulez carrosse !

Six pastis, une bouteille de blanc, j’ai bon pied bon œil, encore. On va faire vite, je vais bientôt passer au rosée. Ambiance « Le bruit des glaçons », pour ceux qui connaissent…

Après son grand sommeil, Cendrillon pue un peu de la gueule mais conserve encore de d’allure.

Le monde entier s’ébroue dans le chaos et au milieu du décor qui s’écroule, il me semble plutôt marcher droit malgré mon alcoolisme chronique.

Enfin je marche droit, tant que je me suis pas pris un parpaing en pleine gueule… Te l’ai déjà dit, faut voler en dessous des radars. Une chose apprise dans la rue, aussi : « Reste à ta place » ! Si t’as une place de m… Essaye d’en changer, en attente : ferme ta gueule ! Sert à rien de cracher sur l’évidence. Faut savoir accepter ce que l’on ne peut refuser.

A commencer par soi même.

Une approche factuelle de sa vie est une science qui devrait être enseigné dès l’école primaire.

Ainsi, tout auréolé de mon romantisme XIXème, marque de fabrique  survendue à mes dulcinées passées, un vieux souvenir a refait surface. Le genre de souvenir clair mais tant recouvert d'un million de strates, qu'il autorise l'illusoire impression que les faits fondateurs n’ont jamais existés, ambiance rève lointain et abstrait.

En l'occurence, moi en train de toucher la chatte de ma petite cousine handicapée mentale.

Elle avait 6 ans.

J’en avais Cinq. (Tout le monde respire…)

Il n’empêche, l’acte a existé et, à l'improviste, vient frapper à ma porte en mode flash back.

Je m’en souviens comme hier ! Mes petites bouboules pas encore descendues devaient me travailler fort, l’appel de la forêt et le règne de la nature sans frein, je suppose.

Florence ma gentille cousine (qui ne se résume pas à sa condition) dormait dans un petit lit métallique, moi dans celui superposé au dessus de son frère. Et j’en avais envie.

On s’entendait bien. Toujours d’ailleurs, les rares fois ou l’on se croise. Faut dire qu’au poker de la vie, elle eu quelques cartes correctes, son milieu et ses parents, pour le reste… Le cerveau a manqué de sang à l’accouchement, la rumeur familiale un peu dégueu susurre que son Grand père qui l’a accouché a bien merdé… Elle a reçu la cousine. Elle capte, mais langage et certaines connexions, genre  déplacement dans l’espace, ça part un peu en sucette son affaire. "L' handicapé mental Touch », quoi !... A l'époque, elle portait un casque de vélo. Histoire d’éviter 4 ou 5 traumatismes crâniens/ jour. Le casque de vélo à lamelles noires + la bave, ça la rendait pas trop sexy la cousine.

Bref

Je descends les barreaux de l’échelle tout pimpant dans mon pyjama de petit garçon à tête d’ange, essaye de ne pas réveiller mon petit cousin, lui secoue l’épaule pour qu’elle se réveille et mets la main dans sa culotte.

C’était chaud et agréable, je me souviens de cette sensation.

Elle me regarde, je la regarde. Sans vouloir réécrire l’histoire, je crois me souvenir qu’elle souriait. Pas moi, j’étais concentré. Le male, fusse t’il classe biberon, a le sexe sérieux, il est au cœur de son précipice. Inconsciemment, même à 5 ans, il doit le savoir….

Ensuite, j’ai entendu du bruit. Fissa fissa, j’ai remonté la petite échelle et me suis caché sous les couvertures. Et, mini loup garou qui a pu contempler le clair de lune à la dérobée, me suis endormi content.

35 ans plus tard, je suis presque sur qu’elle s’en souvient. Si c’est mon cas, pourquoi pas elle ? Dans l’organisation un peu foiré de son cerveau, les fonctions mnémoniques ne sont pas touchées. On est content de se voir, j’en déduis qu’elle ne m’en tient pas rigueur.

Il s’en est passé des événements depuis et j’en ai croisé un paquet d’abricots jolis en 35 ans. Mais ce souvenir qui remonte à la surface de la mémoire, intacte, m’interroge et me fixe.

Ou je veux en venir ? Je ne sais pas.

Peut être que la peau n’a aucune mémoire, seul le chagrin et le désir animal se souviennent ?

Que, dans les catacombes de nos souvenirs, y’a une armoire rempli à craquer de micro faits inavouables, on ne s’y attarde surtout pas. Il est pourtant bien possible que cette armoire et son grand merdier soit la fondation secrète et première sur laquelle nous nous sommes construit année après année ? 

A l’USS Enterprise, dans mon super fauteuil à la Star trek qui a traversé la révolution, j’en contemple un paquet de CV, mais aucun, jamais, ne dit la vérité sur l’homme. Mensonges et mise en scène à chaque ligne.

Ce serait peut être intéressant d’en faire un vrai ?

Perso, à « premier trouble sexuel », j’inscrirai : 5 ans, touche en cachette la chatte de sa petite cousine handicapée mentale.

Entre parenthèse, j’ajouterai : (A mis 35 ans pour l’assumer et a écrit un texte sur le sujet pour essayer d’arracher un petit morceau de compréhension sur qui nous sommes )

Il me semble qu’on en apprend plus sur le bonhomme qu’un BEP à la con, non ? (En plus, j'ai pas le BEP...)

Tous, on devrait écrire un real CV, un bel outil pour mieux se connaitre et se présenter à autrui, quand on le souhaite. Si on le souhaite…

Ce sont ces masques que l’on porte, toujours plus nombreux, qui nous étouffent.

A force, celui que l’on pourrait avoir la chance de devenir, il en crève.

C’est factuel ce que je t’écris là, et tout au fonds de toi, si elle n’est pas déjà consommée, tu dois bien la sentir aussi cette agonie discrète ?

Le syndrome du masque de fer.

L’existence est une Bastille, et le meilleur de nous est enferré dans son trou du cul.

A qui la faute ? Collective, je suppose. C’est la peur qui nous gouverne du royaume des désirs.

On devrait commencer par ouvrir l’armoire secrète et accepter le bordel qui s’y trouve.

C’est peut être un bon début, écrire un véritable curriculum vitae.

Je vais essayer, tu devrais aussi.

Bon, c’est bien beau ces confidences, mais faut que j’attaque le rosée là ! Et le nouvel EP tout frais de « Being Human » m’attend aussi. J’ai des priorités non négociables dans la vie,  picoller en regardant des séries étant tout en haut de ma liste.

« BEING HUMAN »

Oui, c’est ça.

Un chouette et dur combat à mener.

On comprendra un jour qu’il était perdu d’avance

On comprendra surtout qu’il était indispensable…